L’Armagnac ne perd rien de sa flamme

Depuis mi-octobre et jusqu’au milieu de l’hiver, l’air du Gers s’emplit de vapeurs d’alcool et d’effluves parfumées. C’est le temps de la Flamme de l’Armagnac (la distillation) qui enivre le sud-ouest.

D’ordinaire, cette période qui suit les vendanges donne lieu à de nombreux rendez-vous dans les domaines, où le public est invité à venir découvrir l‘esprit de l’Armagnac, les gestes qui lui donnent vie et les goûts qu’il offre en grand nombre. Le virus couronné en a décidé autrement et bon nombre de ces fêtes et célébrations ont été, sinon annulées, du moins déplacées en décembre et janvier.

Qu’à cela ne tienne, il y aura bien un millésime 2020 en Armagnac. Il en est ainsi depuis plus de 700 ans. Ça ne va pas s’arrêter maintenant.

L’Armagnac est la plus ancienne eau-de-vie de vin produite dans le Sud Ouest de la France, en Gascogne. Il compte trois terroirs. Le plus important est le Bas Armagnac (l’ouest du Gers, autour d’Eauze, et une partie des Landes) ; vient ensuite l’Armagnac-Ténarèze (nord-ouest du Gers, autour de Condom, et sud du Lot-et-Garonne) ; puis le Haut Armagnac, à l’est du Gers. L’Armagnac est le fruit d’un double savoir-faire : celui du vigneron et celui du bouilleur. Cet alcool, en effet, est obtenu par la distillation de vin blanc dans un alambic spécifique et mis en vieillissement de longues années en fûts de chêne avant d’être commercialisé. Il peut se présenter sous la forme d’assemblages de plusieurs eaux-de-vie issues de plusieurs récoltes ou en millésimes issus d’une seule et même année de récolte. C’est là une spécificité armagnacaise. Il y a donc autant d’Armagnac qu’il y a de producteurs (environ 800 viticulteurs), ce qui en fait un produit artisanal très peu standardisé. A cette multiplicité s’ajoute également la variété des dénominations liées à son âge : VS ou *** pour les alcools vieillis un an (plutôt destinés à la cuisine et aux cocktails) ; VSOP (4 ans de vieillissement) ; Napoléon, XO (6 ans en fûts) ; Hors d’âge (10 ans de vieillissement) ; Millésimes (10 ans minimum, avec mention de l’année de récolte du raisin).

Les trois dernières dénominations sont les plus appréciées en dégustation grâce à leur incroyable palette de parfums, dont le très caractéristique arôme de pruneau. Mais l’Armagnac sait aussi se faire docile en cuisine et dans les shakers. Il s’accorde très bien avec le salé des magrets et foies gras (mi-cuits ou poêlés), les desserts au chocolat ou parfumés à la cannelle, le café et le cigare. Il entre dans la composition de nombreux cocktails.

La surface du vignoble réservé à l’Armagnac est de 5 200 hectares. Il se produit chaque année environ 5 millions de bouteilles d’Armagnac, vendues pour moitié à l’étranger

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