Gaillac primeur : la fête quand même

Bien sûr, avec ses 500 000 bouteilles (700 000 pour une année ordinaire), le Gaillac primeur ne pèse pas grand-chose face aux dizaines de millions de quilles du Beaujolais nouveau. Mais il a le mérite d’exister et de proposer une alternative régionale pour les libations automnales.

Le Gaillac primeur 2020 est arrivé chez les cavistes et dans les rayons des grandes surfaces le 19 novembre, 3e jeudi du mois. Pour les fêtes partagées, les événements publics et la convivialité (la sortie du Gaillac primeur réunit d’ordinaire quelque 40 000 personnes chez les vignerons du territoire), il faudra patienter jusqu’en novembre 2021. Dommage, le millésime 2020 est plutôt pas mal. Les réserves d’eau de l’hiver et du printemps ont permis à la vigne de passer sans encombre les mois de sécheresse estivale. 2020, c’est du fruit et du soleil.

Cela fait une vingtaine d’années que le Gaillac s’est converti aux joies gustatives et commerciales du vin primeur. C’est le seul vignoble du Sud-Ouest à avoir fait ce choix. Sur les 110 vignerons de l’appellation, une trentaine proposent du primeur, en rouge (90%) et en blanc. La coopérative Vinovalie, à elle seule, a produit cette année 100 000 rouges et 6 000 blancs. Le marché est essentiellement régional, mais Vinovalie exporte aussi son primeur, en particulier au Japon.

Tous les vignerons suivent scrupuleusement le cahier des charges : exclusivement du cépage gamay, une vendange effectuée manuellement à maturité optimale des raisins, des grappes entières mises en cagettes. Le Gaillac primeur est obtenu selon un procédé de vinification spécifique, la macération carbonique. Les grappes entières, non éraflées et non foulées, sont placées dans une cuve hermétique qui va rapidement être saturée en gaz carbonique. Il se produit alors une fermentation intracellulaire qui va durer 4 à 6 jours. Ce phénomène doit s’opérer à une température comprise entre 20 et 25°C et réclame une surveillance de tous les instants. Seul le fond de la cuve est imprégné de jus et fermente selon le procédé classique. Le vin est mis en bouteille très rapidement.

Gouleyant et fruité, ce vin jeune doit être bu dans l’année. Frais, le Gaillac rouge primeur se boit tout au long du repas. Il accompagnera fort bien une tourte tiède au jambon, une salade de mâche aux lardons et blanc de poulet, ou la traditionnelle assiette de charcuterie … au cœur de l’hiver il sera parfait avec quelques marrons grillés. Sur les desserts, il excelle sur tous ceux à base de fruits.

www.vins-gaillac.com

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