Les P’tis fayots sont déjà devenus grands

Depuis dix ans, Aziz Mokhtari célèbre avec un naturel convainquant une cuisine moderne et d’une grande précision, dans son restaurant devenu un must à Toulouse.

C’est une rue tranquille entre Capitole et Saint-Sernin, à l’écart des habituels spots de libation des Toulousains. Tout aussi tranquille est la façade du restaurant Les P’tits fayots : brique rouge parfaitement conforme à l’architecture de la ville. Tout comme la déco intérieure. La lumière y pénètre en abondance mais c’est sobre, sans esbroufe. Seule recherche d’effet : la cuisine ouverte sur la salle, où la brigade du restaurant offre le spectacle réjouissant de sa jeunesse.

Car c’est là qu’est la première vertu des P’tis fayots. Sa jeunesse lui donne du souffle, du rythme, du peps. Et cette petite dose d’impertinence qui pique un peu et remet à leur place les idées reçues. Et cette apparente décontraction qui fait que l’air que l’on respire aux P’tits fayots semble plus léger. Mais aussi cette évidente rigueur qui vous tient à l’abri des mauvaises surprises.

Quand il a ouvert les P’tits fayots à Toulouse, Aziz Mokhtari avait à peine plus de 20 ans. Comme un bolide, il a déchiré le ciel de la gastronomie toulousaine pour installer sa cuisine au sommet, là où viennent la chercher les adorateurs de la modernité, de la précision, de la simplicité et de la sincérité. Ceux, aussi, qui cherchent comme lui la fin de la lutte des classes en cuisine. Aux P’tits fayots, zéro mépris entre le foie gras et les abats, aucune condescendance du homard pour le maquereau. Le jeune chef les a tous réconciliés au nom de la saveur.

Pour cela, il est épaulé par quelques sources sûres qu’il appelle par leurs prénoms au marché Victor-Hugo ou à celui des Carmes et qui lui fournissent le meilleur. Et c’est donc selon le marché, qu’il fait chaque jour deux propositions : l’une à 28 €, avec une entrée, le choix entre deux plats et un dessert (gazpacho de tomates ananas et maquereau ; lotte sauce vierge ou suprême de volaille à l’émulsion de chorizo ; pavlova  aux figues et fruits rouges); l’autre à 65€, nommée Carte blanche, avec trois plats entre une mise en bouche et un dessert, du genre : tempura de bulot, riz à l’ail ; crème de maïs et chips de jambon ; raviole ouverte de homard ; bœuf mariné, oignons des Cévennes… La Carte blanche peut rester à l’affiche une semaine ; comme son nom l’indique, la proposition du jour, elle, ne passe pas la nuit.

Quant à la carte des vins, il n’y en a pas vraiment. La maîtresse d’hôtel égrène les propositions de terroirs, de vins et de bières, à la tête du client. Elle connaît parfaitement son métier. « Si vous le souhaitez, je peux vous faire goûter et vous me direz si ça vous va. » La cave des P’tits fayots est pauvre en grands crus mais pleine de vins d’auteurs et de vignerons indépendants, avec un penchant affirmé pour le bio et le naturel. « J’ai été formé auprès de professionnels passionnés par le vin. Chez moi, la cave est aussi importante que la cuisine », affirme Aziz Mokhtari. Et sa cuisine est au top…

 

Les P’tits fayots

Cuisine d’auteur, moderne et gastronomique

8, rue de l’Esquille

31000 Toulouse

Ouvert du lundi au vendredi, midi et soir 

Réservations par téléphone : +33 (0)5 61 23 20 71

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